Patrimoine architectural

L’église Notre-Dame et son clocher de pi...

Rue Notre Dame
45450 Fay-Aux-Loges
Loiret
France
L’église Notre-Dame et son clocher de pierreloupe

Au premier regard, quand on arrive aux abords de Fay c’est le clocher de pierre qui attire l’attention. Les flèches de pierre sont rares dans notre région. On les trouve à Etampes, Mareau aux près. Celle de Fay s’élève à près 50 mètres (49,75m). On remarque ses lignes épurées et sa forme octogonale.

Ce clocher se situe sur la croisée du transept dont les piles orientales paraissent avoir été renforcées tout exprès. Il a été construit comme le vieux clocher de Chartres en pyramide évidée et sans le recours d’une charpente intérieure. Ses arêtes ne sont cependant pas droites mais légèrement convexes comme si, après l’avoir commencé, on s’était aperçu que continuer sur la lancée initiale allait entraîner bien haut et qu’on eût cherché à conclure à moindres frais. Il a été de plus été réduit de deux mètres au cours d’une restauration.

Sa construction aurait débuté au XII° siècle au regard de l’étage inférieur du clocher. On remarque que la partie supérieure (percée de fenêtres) semble dater d’une autre période : le chaînage des angles est différent, les fenêtres (8 baies en arcs brisés intérieurement redentés en trèfle) présentent un décors XV°, les proportions sont plus effilées qu’on ne le pratiquait au XI°-XIII°. Beaucoup de spécialistes s’entendent pour dater cette partie supérieure du clocher au plus tôt du XVI° voire du XVIII°.

Cette partie supérieure du clocher est l’étage des cloches : Alphonsine est la plus grosse (725kg). Elle a été bénite en 1880 et donne le «fa ». Alexandrine (485kg) donne le « sol » et Adélaïde (360kg) le « la ». Toutes deux ont été bénites en 1834 par l’évêque d’Orléans. La petite dernière est arrivée en 1986 : Anne-Marie pèse 230kg et donne le « do ». En 1986, le Maître-Fondeur M.Bollee déclarait : « Vous avez un carillon de basilique ».

La foudre a plusieurs fois occasionné des dommages importants sur le clocher. En 1927, des photos ont été prises des dégâts, des hommes en action pour la réparation sur un échafaudage impressionnant et du coq descendu pour l’occasion.

Ce clocher ainsi que son église a été classée au Patrimoine de France en 1923.

L’église Notre-Dame, ses extérieurs
La facade (à l’ouest) nous révèle une église à nef centrale et 2 bas-côtés. En faisant abstraction des bas-côtés, le pignon de la nef apparaît relativement haut par rapport à sa largeur comme dans les églises du XI°. Cette facade a été restaurée au début du XX° et seules les moulures de la porte sont anciennes. Elles sont comparables à celles de la cathédrale d’Amiens exécutés vers 1270-1280. Mais la porte a été remontée et ses proportions ne sont pas celles d’une porte gothique d’origine.

Le côté nord va nous révéler des éléments architecturaux de différentes périodes. Nous trouvons à l’angle nord-ouest un contrefort en angle qui date du XV°-XVI°.Au XIII°, nous aurions eu 2 contreforts, chacun prolongeant un mur. Les deux fenêtres qui suivent (fenêtres du bas-côté) sont également du XV°-XVI°. Puis au niveau de la flèche, un escalier y donne accès, ce qui est une pratique XV°-XVI°. Il est percé d’une jolie petite porte XVI°. Nous nous trouvons au niveau du transept qui était saillant à l’origine (au XI°-XII°) comme l’ont attestées des traces de fondations à un mètre à l’extérieur. Les bras du transept devaient faire saillie mais ils ont été raccourcis au XV°, date de la construction des murs actuels. Plus loin, à la hauteur du chœur, les deux fenêtres plus petites que les précédentes et d’aspect différent suggèrent le XI°.

A l’est, l’église se termine par un gracieux chevet à cinq pans éclairé par autant de fenêtres  dites « en lancettes » (arc brisé plus aigu que le « tiers-point » qui s’inscrit dans un triangle équilatéral). Les spécialistes pensent qu’il y a eu à l’origine un chevet plat qui a été complétée au XV°-XVI° par cette abside polygonale.

Côté sud, on retrouve les mêmes éléments que sur le côté nord. Seule la grande fenêtre à hauteur du transept diffère. Très ample, de proportions XV°, elle est garnie de remplages (lignes de pierre à l’intérieur d’une baie qui séparent les vitraux) qui appartiennent certainement à la restauration du début du XX° comme les éléments de la façade.

En conclusion de ce tour à l’extérieur, nous pouvons faire une synthèse : Il y avait ici au XII° une église avec transept mais sans les bas côtés et terminée par un chevet plat. On lui a ajouté des bas-côtés par la suite, puis une abside polygonale au XVI°.

L’église Notre-Dame, l’intérieur

Ses dimensions intérieures : longueur 38m, largeur : 15m et hauteur sous voûte dans la grand-nef 8,75m. La première impression quand on entre est celle d’une homogénéité, pourtant cette église est le fruit de plusieurs chantiers comme l’indique le panneau à l’entrée à gauche.

L’examen minutieux de tous les éléments d’architecture (par exemple des piliers qui ont été renforcés, des voûtes, des décorations des chapiteaux,…) a permis aux spécialistes de déterminer l’histoire de sa construction :

-          Au XI°, il y avait un bâtiment dont restent les bas côtés au niveau du chœur. Il est probable que la nef ait déjà existé à l’époque.

-          Au XII°, on a élevé un clocher sur la croisée du transept

-          Au XIII°, on a ajouté les bas-côtés, la voûte de la nef, de la croisée et du chœur.

-          Au XV-XVI°, on a refait les voûtes des bas-côtés, du chœur et des bras du transept qui sont raccourcis pour s’aligner sur les murs extérieurs. On ajoute l’escalier extérieur d’accès au clocher et une abside polygonale au chevet. La croisée du transept passe du plan carré au plan octogonal. A cette époque ou plus tard, on élève la flèche de pierre.

-          Fin XIX° ou début XX°, on réaménage l’abside, on perce la fenêtre du transept sud et on refait la façade.

La grande originalité de l’église de Fay réside dans la présence arcades surbaissées dans la nef. Ce choix de l’architecte du XIII° a déterminé tout le style de son église. Il lui a donné ce caractère massif et trapu qui fait son charme.

Le mobilier de l’église
Trois éléments ont été classés au Patrimoine de France :

-          un remarquable lutrin de chêne du XVII° en forme d’aigle en parfait état de conservation (dans le chœur).

-          Le fronton d’un dossier de banc d’œuvre (bois taillé du XVII°). Les attributs qui le décorent : palme, cierges, plateau de quête, registre et plume d’oie paraissent évoquer les différents actes qui s’y accomplissaient. Il se situe sur le mur nord de la nef.

-          Une statue de Sainte-Anne datant du XV°, trouvée en 1964, lors du nivellement de l’ancien cimetière. Elle se situe dans la sacristie.

On remarque aussi  dans les bas-côtés au niveau du chœur des stalles qui sont du XVII° mais surtout dans le fonds du choeur un orgue de 17 jeux et 1200 tuyaux. Il a été construit entre 1960 et 1962 par Roethinger, harmonisé par Robert Boisseau et inauguré en 1962 par Michel Chapuis en présence d’un ancien Président de la République : René Coty. Cet instrument est le premier orgue complet de ce style dans le Loiret. 

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